Art-of-CLX

J'écoute : Depeche Mode - "Behind the Wheel" (Shep Pettibone remix) > le meilleur remix du groupe, et ça date de mon adolescence (Jesus!).
Je regarde : "BattleStar Galactica", saison 3 en DVD > c'est la meilleure série de SF de tous les Temps !!!
Je lis : le premier volume de "L'eveil d'Endymion", de Dan Simmons > dernière partie de cette longue saga, ça sent bon les révélations & l'action intense. Miam !
Je joue : un peu à la DS, "Arkanoid" & "Space Invaders Extreme". En effet, il est extrême, les doigts ne tiennent pas longtemps...
Je mange : des croque Cyril entre amis, ce n'est pas ma meilleure recette pour rien !
Je bois : du vin rouge.
Je cite : Sharleen: "You can Say what You Want."
Je pense : trop. Et je n'agis pas assez. Un bon coup de pied au Q, peut-être ?!
Je rêve : d'états unis.
(mis à jour lundi 25 août 2008 à 21:54)

09/08/2005

09/08/05 - 18:37

Les Chroniques de Nimo - I-03

Cela faisait une bonne heure qu’ils déambulaient au hasard des rues en se parlant. Nimo cherchait un endroit où s’asseoir afin de faire une pause avec lui, d’être plus proche, simplement pouvoir se concentrer sur eux et eux seuls. Il se souvint de la fontaine, pas très loin. A défaut de bancs, si rares dans ce fichu quartier, ils pourraient s’installer sur un petit monument pittoresque. Inconsciemment, Nimo avait accéléré le pas et ils se retrouvèrent bien vite assis sur le rebord en pierre, plutôt glacé malgré cette nuit d’été déjà bien avancée.

Placé à sa gauche, il avait senti tout le corps de l’autre se coller à lui, sa jambe fortement pressée contre la sienne. La posture était venue naturellement, comme si cela avait toujours été, comme si cela devait toujours être, et ce alors qu’ils continuaient inlassablement à converser. Des frissons parcouraient le long de ses membres en contact, remontaient dans son dos. Etait-ce l’émotion, ou bien la fraîcheur de l’air, ou encore le fait d’être au centre de cette place, visibles de tous, ces gens dans les cafés, les véhicules encore nombreux qui circulaient à cette heure tardive ? Nimo n’était pas du genre démonstratif, pas à l’aise en publique. Et pourtant.

Pourtant, la proximité de l’autre, cette intimité toute relative, presque indécente, elle ne l’inquiétait pas outre mesure. Seul ce frissonnement ininterrompu le troublait. Il lui semblait réussir à le lui cacher, mais son émotion était si palpable, il ne le savait que trop. Au détour d’une phrase, il plongea son regard dans le sien, le soutenant, le caressant des yeux, désirant fixer cet instant, ce bonheur. L’autre ne tint pas longtemps, se mit à rougir de plus belle, souriant, riant presque pour masquer ce trouble incontrôlable en détournant la tête, la plongeant vers le sol. Nimo souriait, ne le lâchant pas des yeux, complètement charmé, comme à chaque fois qu’il arrivait à le faire rougir. Il était si beau, la carapace envolée, anéantie, l’espace d’un instant.

Le sujet de la conversation avait alors changé : ils s’amusaient mutuellement à ce jeu de séduction tout en retenue et en gêne réciproque. Apprendre à se connaître, se découvrir en s’apprivoisant, chaque minute était un pas de plus, un défi relevé, une étape franchie. Nimo était littéralement tendu vers lui, les mains dans le vide, agitées et expressives, suivant ce dont il parlait. Sans la voir venir, il sentit une chaleur intense, charnelle, lui envahir la main droite, inonder son bras et se propager dans tous ses membres. L’autre avait placé sa paume dans la sienne, caressant le revers avec son pouce. C’était d’une délicatesse étrange, qui s’opposait violemment à l’onde de chaleur émanant de ce geste. Nimo laissa l’instinct agir à sa place et il pressa sa main pour intensifier davantage cette brûlante communion de leurs corps. Un presque rien : deux mains qui se serrent. Un geste de communication banal, usuel, anodin, qui prenait soudainement une valeur sensuelle extrême, inattendue, belle.

Ils s’étaient tus. Le silence lui semblait absolu, il n’entendait plus les sons environnants, ils ne se parlaient plus, ils ne se regardaient plus. Ils étaient fixés sur ces mains caressantes, cette poignée incandescente qui les livrait pour la toute première fois l’un à l’autre. Les minutes s’égrenaient, rien ne semblait plus compter. Ils allaient cependant se quitter bientôt, se dire au revoir avec encore plus d’émotions qu’à l’accoutumée, avec l’envie irrépressible de renouveler leur approche, de la pousser toujours plus loin. Nimo fixait cette main fiévreuse, ondulant dans la sienne. Plus jamais il n’allait considérer une poignée de mains comme avant.

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13/08/05 - 14:12

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